Bonjour tout le monde !
J'ai finalement réussi à avoir le fin mot de cette affaire de rétractation du tribunal concernant mon taux d'incapacité. Le médecin expert, souvenez-vous, avait déclaré le jour de l'audience qu'il trouvait normal que mon taux d'incapacité soit revu à la hausse, étant donné l'aspect dégénératif (ça veut dire que ça sera de pire en pire) de ma maladie, et considérant aussi mes récentes complications.
Cependant, lorsqu'on avait reçu le jugement du tribunal, je me suis aperçue que mon taux d'incapacité restait inchangé, ce qui laissait croire qu'il n'avait pas tenu compte de l'avis du médecin expert.
Mais en réalité, c'est le médecin expert qui a été incité à changer d'avis, suite à des questions précises du président du tribunal et ses collègues.
J'étais confiante, je pensais avoir enfin la paix car un taux à 80% aurait permis à ma mère de faire valoir son droit à la retraite, et elle m'aurait laissée tranquille. Là, en gros, le tribunal a signé pour que ma mère continue de me pourrir l'existence avec ses procès et tribunaux en tous genres.
A demi-forcée de signer pour faire appel, je pensais que je l'avais dans l'os pour l'AAH en rétroactivité et jusqu'en 2012 que m'avait accordée le tribunal, et qui aurait sauvé mon compte en banque.
Car oui, j'ai frôlé le découvert en septembre, et de très peu. Il me restait une cinquantaine d'euros sur le compte, et encore, je comptais mes dépenses au centime près. Et à côté, j'avais ma mère qui me réclamait des sous sans vouloir comprendre que des sous, je n'en avais pas.
La bourse d'études, que je devais toucher dès septembre, n'arrivait pas. Les prélèvements, eux, arrivaient par contre.
J'ai frôlé la grosse catastrophe et c'est la CAF qui est venue à mon secours. Mon copain et moi nous demandions pourquoi les courriers concernant l'aide au logement étaient à mon nom, alors que c'est lui qui avait fait la demande.
Nous nous sommes donc déplacés pour demander des éclaircissements et il s'est avéré que la CAF s'était emmêlée les pinceaux entre mon dossier pour l'AAH et le dossier de mon copain pour l'ALS. Lui touchait l'ALS et je recevais les courriers à mon nom, et du coup, le dossier de mon AAH était suspendu parce qu'ils se demandaient pourquoi il y avait deux dossiers...
J'ai vite été soulagée. Cela voulait dire que je pouvais toucher l'AAH accordée par le tribunal malgré l'appel ! L'employé de la CAF a débloqué mon dossier et deux jours après, je recevais le virement en rétroactivité... et le surlendemain, j'avais mes prélèvements mensuels. En gros, si on ne s'était pas déplacés à la CAF, j'étais à découvert...
J'ai décidé de cacher ce virement à ma mère le plus longtemps possible. Je voulais renflouer mon compte en banque et mon compte épargne, et j'étais encore sous le choc d'avoir frôlé le découvert. J'avais peur que la CAF me reprenne l'argent, donc j'ai continué à surveiller mes dépenses, mais j'ai quand même commencé à participer plus activement aux frais de la maison, en ayant assez de vivre aux crochets de ma belle-mère.
Cette période calme n'a hélas pas duré longtemps, car ma mère a reçu, à peine 3 semaines après, un courrier de la CAF lui demandant une grosse somme d'argent en raison de la rétroactivité de mon AAH : j'ai touché des sommes que l'on me devait de 2010, et comme je vivais encore chez ma mère à l'époque, elle avait trop perçu et devait beaucoup d'argent.
Elle m'a appelée le jour même de la réception de son courrier pour me demander l'argent. Même si c'est normal que je lui donne (j'ai touché l'argent qu'elle doit), j'étais un peu choquée par son ton agressif, comme si c'était de ma faute si on lui demandait tant, mais je pense que son ton était surtout dû au fait qu'elle était furieuse que je ne lui ai pas dit que j'avais touché cet argent.
Je lui ai viré la somme demandée, pensant avoir la paix. Je me demande parfois ce que j'ai dans le crâne, je la connais, je sais qu'elle est cupide, et j'imaginais avoir la paix ! Les gens qui me disent stupide n'ont parfois pas tort. Je le cherche.
A mon retour de chez mes beaux parents, elle m'appelle pour "qu'on se voie". Généralement, quand elle veut qu'on se voie, c'est pour me demander des choses en face, quand elle sait qu'elle est plus menaçante qu'au téléphone où je me sens pousser des burnes en lui disant tout simplement "non".
Cependant, miracle, son ordinateur lâcha la veille et elle voulait les conseils de mon copain pour en racheter un. Je pouvais donc venir avec lui et l'influence de ma mère était réduite : déjà parce qu'elle a peur de mon copain, beaucoup plus imposant qu'elle et qui m'a déjà protégée de ses crises. Et ensuite, étant donné qu'il allait s'occuper de son nouvel ordinateur, ce n'était pas le moment de piquer une crise en cas de refus.
Je savais très bien ce qu'elle allait me demander. J'ai beau être parfois très naïve et stupide, je sais quand même lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle m'avait déjà fait part de son intention de demander non seulement une part de l'argent de la rétroactivité, mais également un versement mensuel. Oui, vous avez bien lu, après avoir chialé dans les tribunaux comme quoi sa fille chérie avait besoin de cet argent pour vivre et se soigner, elle m'en demande une partie pour se faire entretenir.
Le but du jeu était de rester ferme et de dire à cette femme (dont la fille ne représente pour qu'elle qu'un amas de pognon...) un "non" clair et sans réplique.
Ayant passé des années à dire "oui" sans réfléchir pour avoir la paix, mes "non" s'accompagnant toujours de crises insupportables, je me sentais pousser un kiki. Même si c'était un peu lâche de ma part de profiter de la présence de mon copain pour m'imposer au lieu de prendre mon courage à deux mains, de la regarder droit dans les yeux et de lui cracher au visage tout la rancoeur et la haine accumulées pendant des années....
Le jour J, après avoir choisi l'ordinateur, on est allés chez elle et, bien évidemment, elle a vite cherché à m'isoler pour parler de "nos affaires". Grosse mise en scène, elle avait remplacé toutes les icônes religieuses de sa chambre pour y mettre des photos de moi, genre sa petite fille chérie lui manque. J'ai fait semblant de ne rien remarquer. Je ne comptais pas lui dire la somme exacte de ce que j'ai touché, car moins il y en a, moins elle exigera. Sauf qu'elle m'a dit être allée à la CAF, a sorti une feuille de notes de sa poche et a été capable de me dire, au centime près, tout ce que j'avais touché et le montant de chaque prestation. J'en étais sur le cul, heureusement que j'étais assise. Je ne trouvais pas normal que la CAF lui ait tout balancé, c'est quand même mon argent, mes prestations sociales, et je ne vis plus chez elle !
Cependant elle ne m'a pas laissé le temps de me remettre de ma surprise. Elle m'a directement demandé combien je comptais lui donner, maintenant et par mois. J'étais en colère mais je me suis retenue de hausser le ton. Elle a été faire sa fouine jusqu'à la CAF pour savoir combien je touchais d'argent. Franchement ! Je lui ai alors dit clairement que si je comptais lui verser un peu d'argent pour la remercier de son investissement, je ne comptais pas lui verser une pension chaque mois. Madame exigeait un prélèvement automatique en plus, rien que ça. Elle ne voit vraiment que le fric en moi, et dire qu'il m'a fallu tant de temps pour m'en rendre compte.
Elle a crié, trépigné, et je lui ai alors rappelé qu'elle n'avait pas levé le petit doigt pour moi lorsque je lui ai annoncé que je frôlais le découvert et qu'il était inutile de me demander de l'argent. Elle a dû sentir la rancoeur dans ma voix car elle a arrêté de crier, mais elle a insisté. C'est alors que j'ai haussé le ton, et elle a enfin compris qu'elle n'était plus maîtresse de ma vie : si je lui dis non c'est non, inutile de crier et trépigner comme une enfant. Elle m'a suffisamment vampirisée. Ne serait-ce que lorsqu'elle a vidé mon ancien compte de l'argent que m'avait donné mon grand-père.
J'ai cependant l'impression qu'elle n'en restera pas là. Enfin, avec la lenteur de la justice, même si elle demandait une pension, vu mon absence de salaire fixe et avec les années de procédure, je suis tranquille pendant un moment.
Une dernière chose me turlupinait quand même : la CAF était-elle en droit de donner en détails, comme ça, le montant de mes prestations à ma mère ? J'étais persuadée que non, ça reste confidentiel quand même. Je ne suis pas gâtée avec deux parents pire que cupides, alors si en plus les organismes sociaux et bancaires s'amusent à divulguer ce que je touche...!
Je suis donc retournée à la CAF avec mon copain et une employée m'a confirmé qu'effectivement, ce n'était pas normal du tout que quelqu'un ait donné ces informations à ma mère. C'est une atteinte au secret professionnel, l'employé qui a renseigné ma mère était donc censé lui répondre "non, c'est confidentiel".
J'ai décidé de ne pas porter plainte mais j'ai quand même rédigé un courrier pour signaler la chose et demander que ça ne se reproduise pas. Si cela se reproduisait, là par contre je porterais plainte. Je cherche à me libérer d'une vampire assoiffée d'argent et on ne m'aide franchement pas !
J'en ai également profité pour informer ma banque que ma mère cherchait à obtenir des informations financières et qu'ils ne devaient pas les divulguer. Ils m'ont assuré qu'ils respectaient le secret professionnel, mais en même temps la CAF aussi était censée le respecter !
Pour le moment je ne suis pas très rassurée. Ce n'est déjà pas facile d'échapper à l'emprise d'une femme qui m'a manipulée pendant des années. Lorsque j'ai fini par ouvrir les yeux sur sa vraie nature, que je refusais de voir (je n'avais que ma mère...), ça m'a fait vraiment mal. Je me suis sentie stupide, naïve, et j'avais l'impression d'être d'une immense lâcheté lorsque je lui cédais tout. La lâcheté, ce défaut que j'exècre... j'étais moi même une sacrée lâche. On dit que l'amour est très proche de la haine et ce n'est pas faux. J'ai beau détester ma mère, qui m'écoeure et me stresse, elle reste la seule famille que j'ai eue pendant 18 ans, jusqu'à ce que je rencontre mon copain et sa famille qui ne voit pas en moi un paquet de pognon. J'ai découvert qu'être gentil et altruiste ne signifiait pas être un pigeon.
J'ai du mal aujourd'hui à me défaire de ma mère, et si je ne venais pas de déménager je fuirais dans une autre ville. Fuir est lâche, mais je ne vois pas d'autre solution si je ne veux pas passer par les tribunaux pour avoir la paix.
Je veux pouvoir vivre, enfin, tranquillement, sans redouter les coups de téléphone ou les visites inopportunes. Et pour cela quitter la ville dans laquelle j'ai grandi devient nécessaire...
Je n'ai pas vraiment envie de vivre un nouveau déménagement, le premier ayant déjà été stressant et parfois même humiliant. Mais je crois qu'il faudra passer par là...
J'ai 21 ans, j'approche des 22, et j'aimerais vivre. C'est trop demander ?
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